
Réserve nationale Las Vicuñas
Réserve nationale Las Vicuñas
La réserve nationale Las Vicuñas protège plus de 210 000 hectares d'altiplano andin entre Arica et Parinacota, dans l'extrême nord du Chili
La réserve nationale Las Vicuñas protège plus de 210 000 hectares d'altiplano andin entre Arica et Parinacota, dans l'extrême nord du Chili. Volcans culminant à plus de 5 500 mètres, troupeaux de vigognes, lagunes d'altitude, hameaux aymaras et autels précolombiens composent un territoire d'altitude exigeant mais d'une grande cohérence écologique et culturelle.
Pourquoi visiter la réserve Las Vicuñas ?
Moins fréquentée que sa voisine, la réserve attire ceux qui cherchent un altiplano préservé, sans l'affluence du parc national Lauca. On y vient pour trois raisons principales :
Observer la vigogne dans son milieu naturel, espèce emblématique qui a donné son nom à la réserve.
Approcher des volcans de plus de 5 000 mètres et des paysages de puna : steppes, tourbières (bofedales), lagunes salines.
Croiser un héritage andin vivant : villages aymaras, élevage de camélidés (lamas, alpagas), apachetas incas et église coloniale fortifiée de Guallatire.
L'entrée est libre, mais l'isolement et l'altitude imposent une logistique sérieuse.
Histoire et patrimoine culturel
La réserve a été établie en 1983 par décret du ministère de l'Agriculture, pour protéger la vigogne, dont la toison est parmi les plus fines au monde et qui a été chassée jusqu'à la quasi-extinction. La chasse à la vigogne est aujourd'hui interdite par la loi, et la population s'est reconstituée. Las Vicuñas forme avec le parc national Lauca et le monument naturel du Salar de Surire la réserve de biosphère Lauca, reconnue par l'UNESCO.
Le territoire est habité de longue date par les communautés aymaras. On y rencontre des apachetas, monticules de pierres élevés à l'époque inca et toujours utilisés comme autels dédiés à Pachamama, la Terre-mère, et aux apus, esprits des montagnes. Les passants y déposent des offrandes : bouquets de fleurs, tabac, feuilles de coca. Il convient de ne pas déplacer les pierres ni perturber ces lieux.
Au pied du volcan Guallatire, le hameau du même nom abrite une église coloniale fortifiée à clocher, témoin de l'évangélisation andine des XVIIe-XVIIIe siècles.
Que voir et que faire ?
Sommets et paysages volcaniques
Le relief est dominé par plusieurs sommets dépassant les 5 000 mètres :
Arintica : 5 597 m
Puquintica : 5 407 m
Guallatire, Bélen, Salle, Anocariri
Il n'existe pas de sentiers balisés en dehors de la piste principale. Les ascensions sérieuses s'adressent à des marcheurs acclimatés à l'altitude, idéalement encadrés depuis Putre. Les randonnées plus modestes se font autour des lagunes et le long des pistes.
Faune : vigognes, condors, nandous
Les vigognes paissent en troupeaux dans les hautes plaines, à distinguer des lamas et alpagas, qui sont des camélidés domestiqués élevés par les communautés aymaras. On observe également :
Le condor des Andes, qui plane le long des crêtes.
Le guanaco, autre camélidé sauvage.
Le nandou de Darwin (suri), grand oiseau coureur incapable de voler, proche cousin de l'autruche.
La viscache, rongeur andin qu'on aperçoit parmi les rochers.
Les rivières Lauca et Guallatire, ainsi que la Quebrada de Chuba, sont de bons points d'observation pour l'avifaune aquatique.
Flore d'altitude
La végétation est typique de la puna sèche : tolar (arbustes résineux), steppe andine, llaretal (coussins de yareta), champs de quinoa cultivés par les communautés et plusieurs espèces de cactacées.
Villages aymaras et architecture coloniale
Le village de Guallatire, posé au pied du volcan actif du même nom, est l'arrêt culturel de la réserve. Son église fortifiée à clocher illustre l'architecture religieuse andine de l'époque coloniale. Les habitants pratiquent l'élevage de lamas et d'alpagas et entretiennent les bofedales, ces zones humides essentielles à la survie des troupeaux.
Informations pratiques
Superficie : plus de 210 000 hectares
Altitude : majoritairement entre 4 300 et 5 600 m
Entrée : libre
Centre d'accueil : sur la route A-21
Eau et essence : à prévoir depuis Putre ou Arica, aucun service sur place
L'altitude impose une acclimatation préalable de 24 à 48 h, idéalement à Putre (3 500 m), avant de monter dans la réserve. Prévoyez vêtements chauds, protection solaire forte, eau en quantité et, si possible, feuilles de coca contre le mal des montagnes.
Quand y aller ?
La réserve est ouverte toute l'année, mais la saison la plus favorable est l'été austral, de décembre à mars, malgré l'« hiver bolivien » qui apporte des orages d'altitude en janvier-février. Les températures restent contrastées : autour de 8 °C en journée et jusqu'à -5 °C en soirée, avec un fort écart thermique quotidien. L'hiver austral (juin à août) offre un ciel très dégagé mais des nuits glaciales.
Comment s'y rendre ?
Aucun transport public ne dessert la réserve. L'accès se fait en 4x4 obligatoire, depuis Arica :
Suivre la route 11 en direction de la frontière bolivienne, en traversant la vallée de Lluta.
Faire étape à Putre pour s'acclimater à l'altitude.
Bifurquer plein sud sur la route A-21, qui traverse la réserve et mène au Salar de Surire.
La majorité des voyageurs passent par une agence locale à Arica ou Putre, qui fournit véhicule, chauffeur et guide acclimaté.
Aux alentours
Parc national Lauca : voisin direct, avec le lac Chungará et les volcans Payachatas.
Thermes de Polloquere : bains chauds naturels au bord du Salar de Surire, prolongement logique vers le sud.
Vallée Azapa : oasis et site archéologique chinchorro, à proximité d'Arica.
Arica : ville-base sur la côte Pacifique, point de départ logistique.
L'hébergement se concentre à Putre (auberges et petits hôtels d'altitude) ou à Arica (offre plus large, mais au niveau de la mer, ce qui complique l'acclimatation).
Questions fréquentes
Questions fréquentes
C'est techniquement possible mais déconseillé : l'aller-retour dépasse 600 km de piste et la montée brutale d'Arica (niveau de la mer) à plus de 4 000 m expose au mal des montagnes. Une étape à Putre est fortement recommandée.
Oui. La route A-21 est une piste de terre, parfois caillouteuse ou inondée selon la saison. Un véhicule 4x4 est indispensable, surtout pour atteindre le Salar de Surire au sud.
Non, l'accès est gratuit. La gestion est assurée par la CONAF, l'organisme forestier chilien.
L'été austral (décembre-mars) offre les meilleures conditions, malgré quelques orages d'altitude. Les vigognes sont visibles toute l'année dans les bofedales.
Il n'y a pas d'hébergement structuré dans la réserve. Les voyageurs logent à Putre ou à Arica. Le bivouac n'est pas formellement interdit mais reste rude en raison de l'altitude et du froid nocturne.
Préparer votre voyage
Las Vicuñas s'intègre naturellement à un circuit dans l'extrême nord chilien, entre côte Pacifique, oasis de la vallée Azapa et altiplano de Lauca. Pour construire un itinéraire sur mesure dans la région, consultez nos voyages au Chili.
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